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Quelques doutes sur l’innocuité des AINS pendant le premier trimestre de la grossesse

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Quelques doutes sur l’innocuité des AINS pendant le premier trimestre de la grossesse

Message par ismano le Dim 5 Fév - 16:32



Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont largement utilisés pour leurs propriétés antalgiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires. Certains AINS sont disponibles en « libre accès » et utilisés en automédication. En France, les AINS sont contre-indiqués au cours de 2ème et 3ème trimestres de grossesse et leur utilisation au cours du premier trimestre est sujet à controverses. Certaines études suggèrent que la prise d’AINS au cours du premier trimestre pourrait être associée à une augmentation du risque de malformations congénitales, mais ceci est encore mal connu.

Les données d’une étude en cours, cas-témoins, multicentrique et menée sur une population représentative ont été exploitées pour identifier les nouveau-nés présentant des malformations majeures à la naissance et pour examiner les facteurs de risque génétiques et environnementaux. Il s’agissait en l’occurrence d'évaluer l’association entre l’utilisation des AINS en début de grossesse et les malformations structurelles à la naissance.

Les dossiers de 14 915 cas et de 5 546 témoins ont été analysés.

Au total, 3 173 (15,5 %) femmes ont ou préciser leur fréquence d’utilisation d’un AINS au cours du premier trimestre de la grossesse : aspirine pour 22 % (703), ibuprofène pour 77 % (2 451), naproxène pour 15 % (475), et un autre AINS pour 1,2 % (39). En plus, 1 452 (7,1 %) femmes ont signalé avoir eu recours à un AINS occasionnellement « en cas de besoin », pendant le premier trimestre inclus. Parmi ces dernières, 15 % (218) rapportaient avoir utilisé l’aspirine, 85 % (1 240) l’ibuprofène, 17 % (249), le naproxène et 0,35 % (5) d’autres types d’AINS. Parmi les femmes exposées aux AINS, 15 % (693) mentionnaient avoir pris plus d’un type d’AINS (aspirine, ibuprofène ou naproxène). En revanche, 15 836 (77 %) femmes n’avaient pas été exposées aux AINS au cours de la grossesse.

Pour la plupart des types d’anomalies congénitales (n=29) étudiés aucune association avec la prise d’AINS n’a été mise en évidence. Cependant, en cas d’utilisation des AINS (ibuprofène, aspirine et naproxène) au cours du premier trimestre, une augmentation de l’incidence de certaines malformations congénitales a été observée telles que les fentes labio-palatines, les anomalies du tube neural, les anophtalmies/microphtalmies, la sténose de la valve pulmonaire, la maladie des brides amniotiques et l’anomalie transversale des membres. Par exemple, l’ibuprofène était associé avec un risque accru de spina bifida (odds ratio ajusté [ORa] = 1,6 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 1,2-2,1) et de maladie des brides amniotiques (ORa = 2,2 ; IC95 : 1,4-3,5), l’aspirine avec le risque d’anencéphalie/craniorachischisis (ORa = 2,2 ; IC95 : 1,1-4,3) et d’encéphalocèle (ORa = 2,8 ; IC95 : 0,99-8,1) et le naproxène était associé avec un risque plus élevé d’encéphalocèle (ORa = 3,5 ; IC95 : 1,2-10) et de fentes labio-palatines (ORa = 1,8 ; IC95 : 1,2-2,7).

En conclusion, les résultats de cette étude montrent que l’utilisation des AINS au cours du premier trimestre de la grossesse n’est pas un facteur de risque majeur d’ anomalies congénitales à la naissance. Cependant, des associations modérées entre la prise d’AINS et certains types de malformations (fentes labio-palatines, anomalies du tube neural, anophtalmies/microphtalmies…) ont été mises en évidence. Etant donné que ces associations n’ont pas été rapportées précédemment par d’autres études (excepté l’association naproxène-fentes labio-palatines), il est important qu’elles fassent l’objet d’autres travaux avec des données plus détaillées sur le timing, la fréquence, la dose et les indications.



Dr Viola Polena

Hernandez RK et coll. : National Birth Defects Prevention Study. Nonsteroidal antiinflammatory drug use among women and the risk of birth defects. Am J Obstet Gynecol. 2011 ; publication avancée en ligne le 1er décembre.

ismano
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